jeudi 22 octobre 2009

lundi 12 octobre 2009

"Thomas s'en fout" de Thierry Wojciak - Tédoublevé Editions


Voilà. On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. Aujourd'hui est un grand jour. Pour moi. Je publie en effet mon 1er roman intitulé "Thomas s'en fout". Après moultes péripéties avec quelques éditeurs de la place de Paris dont je vous épargne le contenu, j'ai décidé de créer ma propre structure, Tédoublevé Editions, qui me permet de commercialiser cet ouvrage. Je ne vais pas m'étaler ici sur la chose, mais si vous souhaitez en savoir plus, j'ai mis en ligne un site internet dédié ainsi qu'un blog.

Le site : http://www.thomassenfout.fr/
Le blog : http://blog.thomassenfout.fr/

lundi 28 septembre 2009

"Le coeur en dehors" de Samuel Benchetrit - Editions Grasset



Charly, Charles pour les non initiés, est un ado intelligent et rêveur, mais pragmatique. Il habite la banlieue parisienne, celle que l’on dit coriace, et y déambule comme un poisson dans son étang. Aucun de ses recoins ne lui échappe. Une mère malienne qui a son petit boulot de pas grand chose, un père parti depuis des lustres, un frère multi-drogué tendance non-retour et c’est la vie qui roule comme si de rien n’était… Puis un jour, depuis l’escalier de sa tour, Charly aperçoit sa mère emmenée par la police. Des regards juste échangés à la va-vite et la vie du petit bonhomme bascule du côté de l’école buissonnière. Histoire de comprendre ce qu’il s’est passé, il part toute une journée à la recherche de son frère trop absent, Henry, pour le prévenir.

Le cœur en dehors est peut-être une trop belle errance. Celle de Charly traversant sa ville, ses no man’s lands à la rencontre des fantômes qui la hantent, ceux qui ne font peur qu’à ceux qui ne vivent pas là. L’adolescent raconte son épopée au lecteur avec ses mots à lui, son esprit vif, sa vision du monde qui l’entoure. Samuel Benchetrit réussit ce tour de force d’être Charly, d’imprégner le vocabulaire d’images vivaces, d’expressions du gamin qui nous font résolument plonger dans une banlieue d’aujourd’hui avec des copains de son âge, ses rêves de grandeur, sa poésie, ses amours naissantes... Avec un peu trop d’angélisme, parfois, mais aussi avec cette dureté d’un monde oublié, juste derrière le périphérique parisien.

Mais l’on fini par se demander si ce nouvel opus de l’auteur qui fait une pause dans l’écriture de ses Chroniques de l’asphalte, ne fantasme pas trop les lieux qu’il décrit, s’il ne fait pas la part trop belle aux sentiments beaux et nobles. Et puis non, demeure l’idée que l’âme de notre monde peut encore être sauvée. Mais qu’il ne suffit pas de le rêvasser la bouche en cœur…

lundi 7 septembre 2009

Frédéric Nothomb et Amélie Beigbeder chez Albin Grasset



Rentrée littéraire oblige, écrivains incontournables et obligés ? Autant en finir tout de suite avec Amélie Beigbeder et Frédéric Nothomb, omniprésents dans l’ère médiatique actuelle. Et pourtant, je les aime bien tous les deux, moins leurs livres parfois. Il y a leur bouille, leur aisance, leur faconde qui font que comme d’habitude je me serais laissé prendre à leur jeu respectif, par curiosité, par envie. Avec cette impression, peut-être, que je louperais éventuellement quelque chose. Puis non.

J’aurais dû me méfier. J’avais lu quelques éloges flatteurs de la dernière livraison de Frédéric Beigbeder, Un roman Français, et je me suis laissé une fois de plus convaincre malgré le souvenir désagréable d’une lecture poussive et ennuyeuse de son précédent livre, le médiocre Au secours pardon ! Comme à son habitude, l’auteur se met en scène dans un roman qui reprend en filigrane son interpellation pour usage de stupéfiant en pleine rue, sur le capot d’une voiture. Emmené au poste de police, Beigbeder et/ou son autre Lui est rivé sur sa chaise d’interrogatoire, penaud, parfois connement arrogant, péremptoire du haut de sa Grandeur d’écrivain dont il se croit affublé.

Et ce qui ne devait être qu’une péripétie se révèle être à la fois le constat d’un état de droit qu’il considère bafoué par un magistrat qui voudrait se payer un people, mais également le prétexte à un retour sur l’histoire familiale de l’écrivain. Alors, le lecteur navigue entre la descente en enfer d’un citoyen arborant la conscience soudaine du ho mais c’est horrible ces conditions de détention avec sa famille et des souvenirs par trop encombrants (le divorce de ses parents, quelques mensonges, un frère trop doué, une enfance gâtée-bâclée, une adolescence effacée, une vie d’adulte où se mêle la nuit avec… la nuit pour se perdre entre gens qui auraient tout pour être heureux, surtout l’argent).

C’est un sentiment étrange qui parcourt la lecture d’un Roman Français. C’est en effet souvent l’agacement qui a prédominé avec un écrivain que l’on sent loin de tout, loin de la vie, des contingences matérielles qu’il n’a semble-t-il jamais connues. Sa fuite en avant, ses découvertes navrantes d’un monde qui tourne sans lui et qui ne rendent pas l’auteur-narrateur spécialement attachant font de ce livre une œuvre presque naïve ou carrément larguée, c’est selon. Pourtant, soyons honnêtes, il y a quelques fulgurances, quelques portraits familiaux touchants, mais cela ne m’a pas du tout suffit, et cela n’a transmis absolument aucune empathie. Un roman triste, ce Roman français.

Amélie Nothomb, elle, poursuit sa route invariablement. Avec Le voyage en hiver, son nouveau roman, elle trace son sillon habituel au rythme encore hallucinant d’un livre par an. Ce nouveau livre ne déroge pas à la règle tacite des précédents : un livre (très) court au pitch aguicheur quand il n’est pas le récit de sa propre vie. Là, Zoïle est un amoureux meurtri. Il attend son prochain avion, celui qu’il va faire sauter lui à l’intérieur. Pendant cette attente dans l’aéroport, il écrit, il raconte son histoire avec la belle Astrolabe, celle qu’il a rencontré alors qu’il était agent EDF.

Elle est l’assistante-bonne-à-tout-faire d’une femme écrivain attardée mentale incapable de se débrouiller et même d’écrire seule. Zoïle essaie, tente tous les stratagèmes pour que sa Belle soit toute à lui. Mais peine perdue, la lutte est inégale et perdue d’avance. Zoïle ne séparera pas les deux êtres indispensables l’un à l’autre. Alors, parce qu’Astrolabe est de très loin ce que j’ai rencontré de mieux sur cette planète. Elle n’a pas des qualités, elle est la qualité. Et cela ne l’a pas empêchée de me traiter avec une cruauté castratrice. Donc, si même le fleuron de l’humanité ne vaut pas mieux que cela, liquidons l’affaire. De cette frustration, il faut que le monde paie, des coupables et des innocents, peu importe. Ils doivent périr pour que Zoïle laisse une trace.

Amélie Nothomb ne s’embarasse pas, elle sait imaginer, raconter… Elle ne s’attarde pas sur les détails, elle va droit au but et mène le lecteur en courte apnée (133 pages !) tout en glissant subrepticement au gré des pages quelques considérations sur l’état d’écrivain. La lecture est furtive, même si étrangement pour un livre si court il y a des longueurs (l’interminable séance de prise de substances illicites…). On lit, mais on a encore faim en sortant de ses pages. Reste à se dire que l’on sera passé une fois encore par la case anémie Nothomb.


"Un Roman français" de Frédéric Beigbeder chez Grasset
"Le Voyage en hiver" d'Amélie Nothomb chez Albin Michel

dimanche 23 août 2009

"A l'abri de rien" d'Olivier Adam - Editions de l'Olivier


Marie s’emmerde. Plombée par une vie de rien, elle est perdue entre sa nostalgie d’adolescente et sa réalité de mère de famille paralysée d’ennui. Marie est devenue la spectatrice inerte de son monde qui se délite imperceptiblement, où ses envies et ses rêves ne sont plus qu’un lointain souvenir. Dans son Nord natal, elle suffoque, pendant que tout près d’elle, dans sa ville, la vie d’hommes et des femmes est en suspend. Tous n’ont qu’un objectif, attendre ici quoi qu’il en coûte, et traverser la Manche pour rejoindre l’Eldorado anglais.

Dans ce no man’s land affectif, ce désert d’abandon, Marie entrouvre doucement ce qu’il lui reste d’humanité, où l’ombre d’une sœur trop tôt disparue plane tel un fantôme. Et malgré elle, se lance obsessionnellement dans l’aide à ces réfugiés, ces émigrants perdus et abandonnés comme elle, à la recherche d’un espoir de survie. Marie, dès lors, perd peu à peu ses repères de mère responsable. Elle plonge les yeux fermés dans une occupation qui lui prend son temps et ses pensées, comme une échappatoire salvatrice à sa réalité pour une autre encore plus accablante. Il y a sans doute toujours pire que sa propre situation. Marie y laissera son argent, sa santé, avec son désespoir grandissant devant les yeux tristes de son mari, de ses enfants laissés-là, en pleine incompréhension. Même si Marie a conscience de ce tourbillon, elle ne luttera pas contre elle-même, contre son Moi plus fort qu’elle, elle plongera dans l’abîme pour se sentir exister, même maladroitement, même mal, jusqu’à la folie. Juste pour respirer.

mercredi 12 août 2009

Philip Roth et Jean-Philippe Toussaint pour la rentrée littéraire 2009...

Cartable, trousse, crayons bien taillés, stylos…clavier et blog. Tout y est. C'est la rentrée. Littéraire. Nous ne sommes que mi-août mais déjà le bruissement des nouveaux livres 2009 deviendra vacarme d'ici une quinzaine de jours. Alors, qu'aura-t-on à se mettre sous la dent ? Ou les yeux, c'est selon. Parce qu'avec 659 romans qui sortiront d'ici la fin du mois d'octobre (une vingtaine de moins que pour la rentrée 2008), le roman français se fait plus "discret" avec 36 ouvrages de moins qu'à la rentrée 2008 tandis que la littérature étrangère pavoisera forte de 229 titres dans les étals de vos libraires et autres distributeurs bien connus. Dans la foulée des chiffres, la rentrée littéraire 2009 comptera 87 premiers romans (contre 91 en 2008).


Selon "Livres Hebdo", crise oblige, seuls 10 titres seront tirés d'emblée à plus de 50 000 exemplaires (15 en 2008). On citera l'incontournable Amélie Nothomb avec la sortie de "Le Voyage d'hiver" chez Albin Michel (tiré à 200 000 exemplaires), Justine Levy pour "Mauvaise fille" chez Stock (tiré à 100 000 exemplaires) ou encore Carlos Ruiz Zafon pour "Le jeu de l'ange" chez Laffont (tiré à 200 000 exemplaires) et Colum McCann pour "Et que le vaste monde poursuive sa course" chez Belfond (tiré à 50 000 exemplaires).


Alors quoi ? Ou plutôt qui ? Personnellement, les livres que j'attends pour l'instant le plus sont ceux de Jean-Philippe Toussaint ("La vérité sur Marie") aux Editions de Minuit et "Exit le fantôme" de Philip Roth chez Gallimard. Pour le reste, Grasset sortira l'artillerie lourde avec le nouveau machin de Frédéric Beigbeder, "Un roman français" alors que Jean-Pierre Milovanoff y sortira "L'Amour est un fleuve de Sibérie". Du côté de la vénérable maison Gallimard, Marie N"Diaye publiera "Trois femmes puissantes" et Anne Wiazemski "Mon enfant de Berlin". Albin Michel ne sera pas en reste avec Eliette Abécassis et son "Sépharade", François Bon avec "L'incendie du Hilton" et Sylvie Germain "Hors champ". Aux éditions de Minuit, Laurent Mauvignier livre son nouvel opus, "Des Hommes" alors qu'au Seuil, Eric Holder avec "Bella ciao" et Lydie Salvayre pour "BW" rivaliseront d'ingéniosité pour convaincre les lecteurs potentiels.

On retrouvera également, pêle-mêle, quelques auteurs qui ont eu jusqu'à présent les grâces de quelques petits succès d'estime et/ou de librairie : Delphine de Vigan pour "Les heures souterraines" chez JC Lattes, Hubert Haddad pour "Géométrie d'un rêve" chez Zulma, David Fauquemberg pour "Mal tiempo" chez Fayard, Léonora Miano pour "Les aubes écarlates" chez Plon, etc.


Et vous, votre rentrée littéraire ? Qui/quoi attendez-vous ?

dimanche 23 novembre 2008

This is the end



Lire, voir, entendre s'arrête aujourd'hui. Merci à ses visiteurs, lecteurs et commentateurs. Bonne route à toutes et tous !