
mercredi 13 octobre 2010
"Comme des papillons dans les phares" bientôt chez vous ?

lundi 27 septembre 2010
"Suite(s) impériale(s)" de Bret Easton Ellis - Editions Michel Laffont

Allez, il faut bien le dire. On se frotte les mains lorsque la sortie d'un nouveau livre de Bret Easton Ellis vient agrémenter la rentrée littéraire. Il n’y en a pas des tonnes, de ces auteurs dont on attend plus ou moins impatiemment la prose. Le voilà. Et pas besoin de noyer le poisson, le nouveau cru m'a un peu laissé sur ma faim. En posant ses valises auprès d’une simili suite à son 1er roman Moins que zéro sorti en 1986 (en France), Easton Ellis retrouve 25 ans après des personnages à qui il avait donné corps pour en faire aujourd'hui des potiches hollywoodiennes.
Ainsi, Clay est-il devenu scénariste à succès et revient à Los Angeles pour suivre de près le casting d'un film tiré d'une de ses histoires. Chemin faisant, il croise ses très anciens compagnons de vadrouille et ses anciennes amours englués dans le système vain du made in showbiz, où se mélangent ego, vanités, vacuité et chirurgie esthétique. L'auteur est ici à son aise. Il braque sa plume acérée sur un microcosme mis sous la coupe des apparences, de l'ennui et même de la puérilité. Easton Ellis excelle dans les bavardages ineptes et creux, où les dialogues de circonstances n'ont d'autres buts que de nous jeter à la figure l'extrême abandon intellectuel et affectif dont sont affublés ses personnages.
Et même si une histoire d'amour forcément contrariée se dessine, l'auteur met toute son énergie à un travail de sape qui adopte un style minimaliste et glacial pour que tous les tourments de Clay ne soient qu'un jeu de dupes qui n'aura qu'un seul but : plaquer noir sur blanc cet assourdissant silence de la solitude. Puis, l’histoire de ce (trop ?) court roman s’emballe dans le sanglant… Comme pour nous sortir de la torpeur et nous faire prendre conscience que les corps ne sont pas uniquement des poupées silencieuses et désarticulées. Clay est-il le Diable, finalement ? Mais tout cela à un coût. Pour le lecteur. Celui de ne pas toujours comprendre le but recherché. Il n'est pas aisé de trouver sa place face à un livre qui assène les banalités crasses d'une comédie communément humaine. Le lecteur essaie d'être le spectateur attentif du vide pour s'en émanciper, pour tenter de sublimer ce néant. L'auteur nous met au travail. C'est à la fois tentant d'être mis autant à contribution et ennuyant d’escalader cet Everest.
Longue interview de l'auteur
dimanche 19 septembre 2010
"Apocalypse bébé" de Virginie Despentes - Editions Grasset
On s'intéresse certes à tous ces personnages qui se veulent représentatifs des strates bien formelles de la population (les célèbres, les riches, les nantis, les opportunistes, les abandonnés, les ambitieux, les losers, les homos, les religieux, les petites frappes...). Tous ont droit à l'attention de l'auteur. Mais reste l'impression, qu'en somme, on assiste à un panorama au casting étudié de notre époque qui voudrait afficher ses subversions et ses transgressions. Tout concourt à faire de cette histoire une mécanique bien huilée dont on ne ressent pas tellement l'envie de faire partie. On ne se sent jamais proche de ce monde décrit, on reste le spectateur un peu exclu de ce militantisme de la vie hors-normes sous toutes ses facettes et peut-être, au fond, caricatural. Je ne sais pas. On pressent, plus la fin approche, la descente aux enfers et le basculement un peu facile vers quelque chose d'irrémédiable. C'est narratif, travaillé et maîtrisé... Mais je trimballe le sentiment que l'image rebelle, combattante et revendicative de Virginie Despentes, que je lisais pour la première fois, n'était qu'une vieille photo un peu jaunie. Alors quoi ? J'ai sans doute aimé cette histoire, mais je n'aime pas l'avoir un peu oublié.
mercredi 8 septembre 2010
"Le mec de la tombe d'à côté" de Katarina Mazetti - Editions Babel

A ma droite, Désirée. A ma gauche, Benny. Ils se croisent souvent, assis sur le même banc d’un cimetière en se toisant du regard. L’une est veuve, l’autre vient fleurir la tombe de sa mère. L’une est lettrée, bibliothécaire, l’autre est agriculteur, un peu abrupt. Pourquoi se regarderaient-ils, se comprendraient-ils… s’aimeraient-ils ? Pourtant, il suffira (d'un signe) d’un sourire en coin, chacun, pour que contre toute attente le coup de foudre les traverse de part en part. Mais tout n'est pas si simple...
D’abord luttant contre cet irrépressible sentiment, Désirée s’avouera vaincue, conquise avec toujours ce petit « mais » au coin des lèvres… Tandis que Benny, lui, tentera de ne pas être tout à fait lui-même sans faire fi de ses origines, son esprit volontaire, sa simplicité… Une lutte de classe ? Plutôt une chute de place où chacun devra tenter d'aller vers l'autre, de trouver sa place dans leur histoire, d'aller à l'encontre de ses préjugés pour comprendre sans se renier. On joue au chat et à la souris dans « Le mec de la tombe d'à côté ». Chacun se renvoie la balle dans ce ping-pong bien troussé d'un chapitre à l'autre, où les sentiments simples et les questions existentielles s'entremêlent, passant de la confusion à la réalité de choses, du rêve de bonheur aux chocs de cultures, et du complexe de supériorité au pragmatisme de la vie à deux. Chacun tentant à sa façon de convaincre l'autre d'entrer dans son univers.
Le lecteur ne sait pas qui a(ura) raison et il s'en fiche un peu. Il se laisse bercer (berner ?) par l'histoire de Désirée et de Benny qui se cherchent, se trouvent, se découvrent, s'amadouent, se rejettent... Dans ces sentiments en montagnes russes et dans ces luttes de chaque instant, il y a l'universalité des relations amoureuses avec leurs plaies et leurs sourires béats. C'est dans ces lectures-là que l'on retrouve un peu de son âme de midinette rêveuse ou d'indécrottable défaitiste. Chacun y va de sa propre histoire, c'est sans doute pour cela que ce livre est un tel succès planétaire. Tout s'explique.
samedi 28 août 2010
"L'encombrant Mister Kitchen" de Charles Higson -Editions du Rocher (Thriller)

Cela pourrait être une journée comme les autres. A Londres, un matin... Lui, designer branchouille, friqué, drogué aristocratiquement et doté de la suffisance nécessaire pour considérer les Autres comme des moins que rien, a le réveil en fanfare. A son interphone, un certain Monsieur Kitchen vient lui racheter une voiture d'occasion. Le ton d'abord poli, mais sec, vient ensuite vite à monter en digression politico-sociale pour déraper sur... le meurtre de Monsieur Kitchen. Le temps d'émerger et de mettre le cadavre dans le coffre de la voiture et les ennuis peuvent (enfin) commencer...
Avec un sujet de départ aussi tonitruant et un humour anglais inimitable, on se croit sur les rails d'un livre qui va vous emporter sans coup férir vers un bon moment de lecture sans prise de tête. Ce n'est pas tout à fait vrai. Car même si le narrateur prend à témoin et interpelle le lecteur tout au long du livre de façon vive et amusante, les aventures rocambolesques du designer dans le rôle de l'arrogant qui cherche coûte que coûte à se débarrasser du corps de Monsieur Kitchen sont avant tout très répétitives.
Dans la surenchère perpétuelle, l'histoire nous trimballe chez l'ex sur le point d'accoucher, nous présente des caïds aux petits pieds, dresse un portrait peu flatteur de parents pot de colle ou stagne sur la recherche des employés insaisissables du designer. Reste à ajouter les accidents multiples et sanglants du designer et les invraisemblances qui accompagnent l'ensemble, et cette débauche d'inventivité scénaristique plombe une marche en avant qui peut parfois ressembler à une montée du col du Galibier en trottinette. D'autant, qu'au passage, le lecteur n'a pas d'empathie particulière pour ce meurtrier dépassé par les événements qui ne gère plus rien du tout, mais tente de s'en donner l'illusion pour s'en sortir. On trépigne un peu d'en finir avec ce personnage antipathique et ce livre qui aurait sans doute gagné à être un peu raccourci plutôt que tiré en longueur.
mardi 24 août 2010
"Un jour de mai" de George Pelecanos - Seuil Policiers

George Pelecanos est de ces écrivains américains qui racontent brillamment l'Amérique par le petit bout de la lorgnette : ses fêlures, ses errements et ses luttes contre elle-même. Au travers du parcours de ses personnages, il brosse un portait précis du « petit » peuple, avec son histoire quotidienne qui fait l'Histoire de l'Amérique des dernières décennie. L'auteur nous ballade visuellement entre les années rock n'roll et les années disco, entre communauté et individualisme, entre Vietnam et guerre d'Irak, entre délinquance et rêve américain, entre descente aux enfers et rédemption, entre riches et classes moyennes, entre lutte et abandon... Pelecanos a parfois cette naïveté agaçante, toute américaine, que les choses doivent nécessairement s'arranger parce qu'il faut avancer, que la force de son pays réside dans sa capacité à cautériser les plaies pour être un Homme presque neuf qui sauvera son âme plus tard devant ses Juges. « Jour de mai » est un plongeon dans une Amérique loin des strass et des paillettes, qui vit sa quête du meilleur avec cette douleur latente d'une envie de lendemain qui chante. Entre résignation et espoir, ce livre maîtrisé martèle sans cesse que rien n'est tout à fait définitif, que le happy end en technicolor est toujours possible... Toujours en empathie, on en sourit en coin avec le secret espoir qu'il ait raison.
mardi 10 août 2010
"Thomas s'en fout", le bilan...
Mais peu m'importe. En me lançant moi-même dans l'auto-édition et la création d'une auto-entreprise, je savais très bien que je ne pourrais aucunement concurrencer un circuit de distribution professionnel, ne pouvant que compter sur moi-même et la bonne volonté de certains pour faire de cette aventure quelque chose d'intéressant et de motivant. Et je n'ai pas été déçu à ce niveau-là.
Ce qui m'intéressait, aussi et surtout, c'était de pouvoir faire circuler mon texte auquel je crois (et j'y crois toujours !). Que des gens puissent le découvrir, le lire et bien évidemment l'apprécier.
Dans une immense majorité des cas, je n'ai pas eu de retour(s) sur ce que les lecteurs avaient pu penser de « Thomas s'en fout ». J'imagine que certains ne l'ont pas encore lu faute de temps et/ou d'envie, ou qu'ils n'ont pas souhaité me dire tout le mal qu'ils en pensaient, qu'ils n'avaient pas accroché ou que l'achat avait été fait uniquement pour me faire plaisir. C'est le jeu. En exposant mon « travail » à un public, mon histoire ne m'appartient plus. Elle voyage comme elle peut.
Et puis il y a eu des lecteurs qui ont lu le livre et me l'ont fait savoir. J'ai rougis parfois en lisant leur message ou en écoutant leur arguments. J'ai été surpris de leur attention, de leur souci de certains détails et de l'interprétation qu'ils ont pu donner sur certaines situations racontées dans le livre. Là où je pensais pouvoir les piquer au vif, je découvrais que leur attention s'était portée ailleurs, que ce qu'ils les avaient marqués était une phrase, un personnage, une scène, une réplique qui ne me semblait pas outre mesure appeler cette concentration. Comme je le dis plus haut, « Thomas... » ne m'appartenait plus.
Alors je me suis amusé à opérer quelques statistiques sur les ventes. Qui l'a acheté ?
Sur les 132 exemplaires vendus (au 10 août 2010), ce sont mes amis et les amis d'amis qui ont été les plus prompts à se procurer mon roman. A quoi servirait les amis, sinon ? Ils ont en effet été 29 à faire ma fortune, faisant ainsi profiter leurs propres amis de cette aubaine également à 29 reprises.
Mes collègues, ô valeureux collègues n'ont pas été en reste, menacés qu'ils étaient. Ils ont été 23 à passer au supplice de la caisse (13,80 euros, quand même), offrant au passage 2 exemplaires supplémentaires à leur relation ou famille.
La famille, justement. 6 membres ont participé en achetant « Thomas » pour eux-mêmes tandis que 19 amis de la famille ont eu la joie de recevoir l'ouvrage (merci merci merci merci à Brigitte, François et Yoann !).
Le cercle professionnel n'est pas en reste avec 11 achats (merci Facebook !!).
Enfin, l'univers du blog m'a permis de vendre 11 livres en tout, soit 7 pour des blogueurs ou ex-blogueurs et 4 pour leur relation. Puis 2 personnes-mystères dont j'ignorais tout avant leur achat du livre me l'on commandé.
J'ai également distribué 6 exemplaires gratuitement (ils ne sont pas comptabilisés dans les 132 exemplaires, bien sûr). 2 étaient destinés au cercle intime et 4 à des relations. L'idée était de faire voyager « Thomas ... » et peut-être envisager que ces exemplaires « presse » puisse faire l'objet de billet, post ou encore chronique ou simplement d'avis. Echec cuisant puisque ces exemplaires n'ont pas du tout circulés et seul un des destinataires à mis une photo du livre sur un coin de page de son blog. Les autres laissant la place à un oubli et à un silence polis. C'est leur droit. Il y a eu tout de même quelques avis publiés sur la Toile par des lecteurs, mais je vous laisse le loisir de les découvrir via un célèbre moteur de recherches.
Voilà, en 10 mois la vie de « Thomas s'en fout ». Une belle aventure, disais-je. Prenante et enthousiasmante. Elle n'est d'ailleurs pas totalement terminée car, comme je l'ai annoncé, je participerai en novembre prochain en tant qu'exposant au 1er salon organisé par l'association SIEL de Paris. J'y présenterai mon livre mais surtout, j'y travaille, je présenterai mon nouvel ouvrage.
Une autre aventure débute, en somme... A bientôt, donc.
