lundi 16 mai 2011

"Comment je suis devenu un écrivain célèbre" de Steve Hely - Editions Sonatine




Est-ce qu'il n'y aurait pas, quelque part, l'idée enfouie tout au fond de nous que l'on pourrait/voudrait être l'écrivain qu'il faut avoir lu ? Ayant cédé moi-même à la tentation de l'écriture avec l'auto-publication de deux livres dont j'ai déjà eu l'occasion de parler sur ce blog (Thomas s'en fout + Comme des papillons dans les phares), le roman de Steve Hely allait-il me donner quelques clés cachées pour les portes de la gloire ?

Peu importe la réponse, en fait. Puisque l'essentiel est de passer un très bon moment avec ce livre qui dissèque scrupuleusement les confessions d'un auteur qui a envie d'être écrivain pour de mauvaises raisons : gloire, fric, fille(s), revanche... Car Pete Tarslaw, le narrateur, a tout compris. Il est célèbre grâce à son livre "Cendre dans la tornade" et il souhaite maintenant expliquer à tous son parcours et ses renoncements pour être dans le Top des classements des ventes sur amazon.com, et ainsi tenir la dragée haute à son ex- qui a le toupet de l'inviter à son mariage heureux. Vengeance. Toute petite vengeance.

Steve Hely s'amuse (et nous aussi) et n'esquive aucune bassesse de l'être humain dans la peau d'un écrivain en mal d'honneur. D'abord, il faut abandonner toute velléité littéraire... Si l'on veut être "in", il faut raconter une histoire, sirupeuse à souhait, scénarisée comme un conte moderne où les foules de lecteurs sont brossées dans le sens du poil pour lui tirer les larmes sur fond de trémolos tintinnabulants dans les phrases. Appuyant son récit sur des mécaniques déjà testées par des écrivains bien plus célèbres que lui, Pete Tarslaw assure que leur exemple doit guider l'apprenti du best-sellers en puissance. Au passage, quelques gouttes de soi (mais pas trop), et un scandale pour faire parler, selon le précepte des temps "people-izés" : dites du mal, dites du bien, mais dites quelque chose. Reste à saupoudrer l'ensemble de la soupe de marketing par une maison d'édition bien rodée à l'exercice de la manipulation, et le tour est joué.

Mais au final ? Le roman déroule son implacable méthode avec justesse. Mais à force de didactisme, peut-être est-il un peu trop haché par des cours donnés comme sur un tableau noir. Peut-être y aurait-il eu plus de force narrative à imbriquer d'avantage, et de façon romanesque, les "conseils" de l'écrivain arrivé à son premier succès. En tout cas, Steve Hely a réussi son coup pour un premier roman. Il suffit de lire pour ça la couverture de son ouvrage avec une citation du "Washington Post" en bandeau, bien lisible : "Elu meilleur roman de l'année". C'est peut-être un peu exagéré...

6 commentaires:

Wictoria a dit…

toi aussi c'est pour les filles avoue ;)

Joelle a dit…

Je 'avais déjà noté mais l'époque, il venait juste de sortir et la biblio ne l'avait pas encore acheté ... je m'en vais de ce pas vérifier que c'est fait !

LVE a dit…

< Wictoria : ah non, je ne trouve pas... Tu ne me feras pas avouer :))
< Joelle : oui, vérifie. Sinon, tu prends un livre au hasard, tu en déchires 2 pages et tu le remets sur l'étagère de la bibli. Et toc !

Kathel a dit…

Je l'ai commencé, en anglais, et j'avoue ne pas avoir eu envie de le terminer... Un peu longuet, une fois passés les bons moments du début. J'ai du aller jusqu'aux deux-tiers environ.

noann a dit…

Voilà un titre qui m'attire. J'ai toujours rêve d'être célèbre, comme je n'y connais rien à la musique, à la politique, ni au cinéma... Je voulais tenter l'écriture...

Hélas ce billet bien écrit me dissuade un peu de plonger dans ce livre. Vous avez bien mis en évidence les faiblesse de ce roman.

LVE a dit…

< Kathel : oup's, tu as été un peu sévère avec ce livre, je crois :))
< Noann : euh... le seul truc qu'il te reste pour être célèbre est l'écriture ? Comme si c'était aussi facile que cela. Tu fais les choses à l'envers.