lundi 17 mars 2008

"Ni d'Eve ni d'Adam" d'Amélie Nothomb - Editions Albin Michel

Sans conteste, il existe un univers entre la Belgique et…. le Japon. Voire deux. Trois. C’est pourtant là qu’Amélie Nothomb, fille d’ambassadeur, a grandi. Dans un pays souvent incompréhensible, à mille lieux des préoccupations, des impatiences et des énervements occidentaux. Dans Ni d’Eve ni d’Adam, on retrouve donc Amélie âgée de 21 ans. De retour au pays du Soleil Levant après des années d’absence, elle cherche du travail parce qu’il faut bien manger. Elle opte pour les cours de français. Après avoir passée une petite annonce, elle rencontre Rinri, jeune étudiant de 22 ans en langue, aussi doué en français que Bernard Lavilliers interprétant Casse-noisette en tutu rose et ses quelques pointes à l’avenant.

Fils de notable, Rinri séduit peu à peu Amélie, à force de patience toute japonaise et de présence discrète. A la fois flattée, troublée mais aussi gênée, Amélie succombe à ses avances sans tout à fait lâcher la bride, sans s’abandonner véritablement, gardant cet infime degré de liberté et de lucidité qui lui murmure que quelque chose d’autre l’attend, ailleurs. A deux, ils travailleront, vivront et parcourront leur vie dans un ralenti serein fait de quelques non-dits, où la vie s’écoulera au rythme des saisons, des couleurs qui n’existent que là-bas et des envies. Pour son retour au Japon, Amélie retrouve ses sens qu’elle croyait jusque là endormis… Comme pour Proust et sa Madeleine, la narratrice voit ses papilles s’éveiller devant la nourriture japonaise et ses yeux s’émerveiller d’un pays qui lui a fondamentalement manqué. Perceptiblement, Amélie se (re)construit, s’isole, se confronte et prend conscience de son but ultime en comprenant qu’elle devra quoi qu’il en soit abandonner ce qui ne lui permettra pas d’être enfin ce qu’elle désire le plus au monde. Ni d’Eve ni d’Adam n’est ni un livre joyeux, ni un livre triste, il est de ceux qui trace les parcours, s’arroge le droit de ne pas convaincre, mais ressentir. Un livre à la fois léger et profond, qui se pose comme l’avis d’une future naissance. Celui d’Amélie Nothomb. Ecrivain.

6 commentaires:

Emeraude a dit…

je l'ai beaucoup aimé celui là, notamment pour les images du Japon!

amanda a dit…

mon souci avec amélie nothomb, c'est que je n'arrive pas à surmonter mon agacement, mon irritation, dès que je la vois en interview. Je l'ai lue il y a longtemps, j'ai même aimé certains de ses romans, jusqu'à Biographie de la faim, que j'ai détesté. Et pas terminé. Depuis je n'arrive pas à surmonter cet rejet. Mais il est vrai que bcp disent que ce roman est bon.

Karine a dit…

Je lirai volontiers celui-ci... quand il sortira en poche! C'est l,avantage avec les livres de Nothomb... ils finissent toujours par sortir en poche!

DesMurmures a dit…

< Emeraude : de belles couleurs à imaginer...
< Amanda : comme toi, j'avais zappé Nothomb depuis ma lecture pénible de... "Hygiène de l'assassin". Mais j'avais tellement entendu dire du bien de son dernier en date, que je me suis lancé... Ca vaut le coup d'être tenté, je crois.
< Karine : oui, parce que La Pléïade ça n'est peut-être par tout de suite quand même...

Anjelica a dit…

je n'ai jamais lu cette auteure ! Je l'ai vu une fois à la télé, elle m'a agacée et cela a suffit à détourner ces livres de mon chemin. Je sais c'est bête :(

pommeliane a dit…

Moi, je l'ai lu et j'aime bien. Facile à lire, divertissant, enfin bref à lire...
bien amicalement,
pommeliane